David contre Golliat
Lorsqu'en sortant du travail j'ai appelé ma mère pour savoir comment s'était passée la sortie d'hôpital, j'ai appris ce qui s'était passé.
Je me suis tout de suite rendue à l'hôpital, où j'ai exigé de voir tout de suite quelqu'un de la Direction. Le Directeur étant partit, j'ai été reçu par le stagiaire du secrétaire général, qui terminait son stage le lendemain.
Ce dernier s'est montré compréhensif et m'a proposé d'aller tout de suite rencontrer la cadre de santé du service.
Il m'a dit que j'avais eu raison de venir et que ce genre de choses devait être signalées, et que depuis 4 mois qu'il était ici il avait entendu beaucoup de gens se plaindre de divers problème au sein de l'étage gériatrie.
Nous sommes allés à la rencontre d'une infirmière. Lorsque j'ai expliqué la raison de ma venue, cette dernière m'a répondu "ça m'étonnerait", remettant clairement en doute ma parole (à croire que la diplomatie n'est pas au programme de formation).
La cadre étant absente, c'est celle du service de l'autre bout du couloir qui m'a reçu. Et là, même discours, elle m'a assuré qu'elle allait se renseigner en regardant le planning pour savoir de qui il s'agissait, mais elle avait déjà une petite idée. "Donc c'est quelqu'un avec qui vous avez déjà eu des soucis"
"oui, pas aussi grave que ça mais oui".
Ensuite, elle s'est étonnée que personne ne nous ai parlé de l'association Rosalie, permettant une préparation du retour à domicile avec les familles et pour lequel l'hôpital organise régulièrement une rencontre avant la fin de l'hospitalisation. Non, "Rosalie" n'est pas un nom que nous a communiqué l'assistante sociale, et on ne nous a pas proposé de les faire venir sur place. heureusement que ma mère a trouvé une association similaire un peu plus proche de chez elle, par ses propres moyens!
Dans les jours qui ont suivi, j'ai contacté l'ALMA, association qui lutte contre la maltraitance aux personnes âgées. Ils m'ont conseillé d'écrire un peu partout. J'ai donc écrit un courrier au Directeur de l'Hôpital évoquant chaque chose qui nous avait choqué, et j'en ai transmis une copie au Président de la République, un présidents des Conseil Régional et Général, au Directeur général de la DDASS, et au Procureur de la République.
J'ai également déposé une main courante au commissariat de ma ville, où on m'a expliqué que le mieux serait de porter plainte, ce que seules la victime elle-même ou ses enfants pouvaient faire.
Le 8 Septembre le Directeur de St Philibert m'a répondu que certains faits évoqués étant très graves il allait se renseigner et qu'une enquête interne avait été diligentée concernant le comportement de l'aide soignant qui "AURAIT" demandé à ma grand-mère de nettoyer le sol de sa chambre.
Le 9 Septembre, le Chef de Cabinet de Nicolas Sarkozy m'a répondu que mon courrier était envoyé à la Ministre de la Santé et des Sports.
Lundi 12 Septembre, je n'avais toujours pas de réponse du Directeur de l'Hôpital. Agacée, j'ai décidé de contacter la presse.
Au même moment, le commissariat de ma ville me téléphone. Suite à une requête du Procureur de la République, ils souhaitent me rencontrer.
Curieusement, je reçois une réponse du Directeur de l'Hôpital le mardi 13 octobre. Et pour cause, j'apprends ensuite que le policier qui me convoque les a appelé la veille pour avoir leur version... ce qui a dû les réveiller brusquement!
Dans sa réponse, le Directeur reprend point par point tous les éléments que j'ai soulevé. A chaque fois, il a une bonne explication, service très actif à cette période, plus de travail que d'habitude... Concernant le fait que nous n'ayons pas été informés qu'une asso aurait pu venir nous aider à préparer la sortie, il m'affirme que les médecins ont discuté du cas d'Emilienne en réunion et que la maladie et ses suites logiques nous avaient été communiquées. Or, je n'ai jamais dit le contraire, oui, on nous a dit que mamie avait un cancer et qu'elle allait mourir, pour résumer, mais on ne nous a rien dit sur les personnes suceptibles de nous aider concrètement!
Les nuisances sonores sont selon lui un problème qui ne touche pas que ce service (ce qui en soit n'a rien d'une excuse, c'est l'histoire de l'ado qui s'excuse d'être collé pour bavardages parce que ses autres copains le sont aussi!). Il m'affirme cependant qu'une sensibilisation des personnels sur ce sujet est en cours.
Il m'explique que mon courrier a fait l'objet d'une réunion avec tout le service, réunion qui a permis de rappeler à chacun "les exigences et la rigeur des soins infirmiers ainsi que les règles fondamentales d'un comportement professionnel et respectueux des patients".
Il dit aussi que la prescription d'une douche par le médecin n'a pas été suivi, et reconnaît là une négligence. Donc, en plus, le médecin aussi avait demandé une douche!!! C'est donc encore pire que ce que je croyais...
Enfin "en l'absence de témoins, et devant les dénégations du salarié, il est difficile de conclure quant à la matérialité des faits évoqués par votre grand-mère. Par ailleurs, l'appréciation portée par l'infirmière coordinatrice du service sur ce professionnel ne permet pas de le suspecter d'une telle conduite". Ce que je prends très clairement comme un "sans preuves, on préfère croire que votre grand-mère a menti sans raison plutot que d'admettre qu'un salarié ment pour sauver sa place", suivi d'un "ma cadre de santé aurait eu mieux fait de se taire et je n'ai pas manqué de lui taper sur les doigts pour vous avoir dit plus qu'elle n'aurait dû".
Sur quoi il ajoute que le comportement de cet aide soignant sera surveillé de plus près, suite à mon signalement.
Il me propose également une rencontre. Et pourquoi faire??? Pour entendre l'aide soignant me jurer que c'est pas vrai et que donc ma grand mère est une menteuse???
Aujourd'hui, j'ai donc rencontré une journaliste de la VDN, qui va faire des recherches pour trouver d'autres témoignages de ce genre. Ce n'est qu'en fonction des résultats qu'elle saura si elle peut ou non publier un article sans risquer que son journal y laisse des plumes, du moins, c'est ce que j'en comprends.
Et lors de mon RDV au commissariat, j'ai été entendu afin de vérifier qu'Emilienne n'est pas atteinte d'Alzeimer. L'agent qui m'a reçu m'a encouragé à trouver d'autres témoignages similaires qui pourraient rendre mes accusations plus plausibles, ainsi qu'à demander à ma mère ou mon oncle de déposer plainte pour réellement faire bouger les choses. Il a appelé l'hôpital lundi soir, qui soutient n'avoir strictement rien à se repprocher et n'avoir eu que très peu de plaintes de familles depuis plusieurs années.
SUITE...